J'étais mercredi, l'invité du plateau de BFM business "Grand Paris", l'émission de Caroline Brun. Malgré les efforts conjugués de l'état et des collectivités locales, ces dernières années (pendant lesquelles la construction de logements sociaux en France est passée de 30 - 40.000 logements par an à 130.000 depuis l'élection de Nicolas Sarkozy); en Ile-de-France , 400.000 personnes (chiffre à confirmer) ont déposé une demande de logement social .
Les causes en sont multiples: attractivité importante de l'Ile-de-France en matière économique, modification des typologies familiales, disparition d'une offre intermédiaire qui était proposée par les grands acteurs institutionnels et report consécutif des locataires vers le logement social, flambée des prix de l'immobilier à Paris,faible rotation dans le parc social.
Face à ce constat , les candidats déclarés ont proposé des mesures et se sont même engagés par des promesses en signant un engagement auprès de la fondation Abbé Pierre.Reprenons en certaines:
- engagement sur la construction d'un nombre de logements sociaux : promesse électorale vaine si la volonté n'est pas partagée par ceux qui délivrent les permis de construire. Il est impossible à l'état d'imposer aux maires de délivrer des permis de construire. Il persiste, d'ailleurs, chez de nombreux élus la vieille idée "maire batisseur, maire battu".L'idée de décentraliser les aides à la pierre aux établissements communautaires et d'avoir des objectifs communs à l'échelon d'un territoire plus vaste est sans doute la bonne. Elle est à l'oeuvre à la Camvs et permet le recensement plus fin des opportunités foncières et des demandes.
- don de l'état de son foncier disponible:pourquoi donc demander à l'état qui doit se désendetter de faire cadeau de terrains qui font partie de notre patrimoine commun à d'autres collectivités....qui les revendront sans doute à des aménageurs.Beaucoup de municipalités disposent de réserves foncières, qu'elles pourraient également destiner à la construction de logements sociaux. Lorsque la Ville de Paris vend un immeuble de son domaine, rue du Louvre, à la Caisse d'Epargne pour que celle-ci construise son siège, une belle opportunité de construire des logements sociaux au centre de Paris est perdue.
- encadrer les loyers :ils le sont déjà puisque , pour un bail en cours, l'indexation des loyers (IRL) ne permet pas de liberté pour le propriétaire. Le seul moment où le loyer peut être modifié est celui de la relocation. Les expériences passées (entre les deux guerres), loi de 1948 ont conduit à des crises majeures d' effondrement de l'offre et de dégradation de la qualité des logements (les propriétaires ne faisant plus de travaux d'amélioration au moment des changements de locataire). Au vu des charges qui pèsent actuellement sur les bailleurs (augmentation du foncier, coût des travaux, récentes mesures fiscales etc..) , on pourrait redouter que les investisseurs ne se désintéressent totalement de la pierre.Il convient, en effet, de rappeler , que l'immobilier locatif est en France majoritairement détenu par des petits propriétaires dont beaucoup complètent ainsi des revenus pas forcément élevés.
- renforcer les contraintes de la loi SRU : même mes contradicteurs sur le plateau de BFM ont convenu qu'il fallait déjà faire appliquer le quota de 20% de logements sociaux par ville avant de le durcir à 25% voire 30% comme le propose le candidat du parti socialiste . Je rappelle que la loi SRU ne prévoit pas... de plafond au pourcentage de logements sociaux dans une ville et que ceux qui se réclament , dans notre voisinage melunais, des propositions de François Hollande sont parmi ceux qui ont été parmi les derniers à atteindre de justesse les objectifs. Je rappelle que la situation de Paris(ville de gauche?) a été analysée avec bienveillance au regard des ...efforts effectués mais n'a pas satisfait aux objectifs lorsqu'on les analyse strictement. Une nouvelle fois faites ce que je dis ...pas ce que je fais!
La seule solution , c'est de construire vite et en quantité importante des logements abordables , j'y reviendrai dans un autre billet.
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